Podcast wird geladen...

© Aumera AG

L’IA au service de l’hospitalité: comment les destinations suisses façonnent l’avenir numérique

L’intelligence artificielle (IA) n’est plus une musique d’avenir pour le tourisme suisse; c’est désormais un outil qui allège le quotidien professionnel et enrichit l’expérience des visiteurs. Deux projets soutenus par Innotour illustrent de manière exemplaire comment le secteur ouvre de nouvelles voies grâce à la coopération et à la technologie.

«Ces deux projets démontrent de manière impressionnante le potentiel que recèle la coopération au-delà des frontières régionales et organisationnelles. Ils soulignent l’importance de l’apprentissage commun dans le maniement de l’IA et montrent comment une collaboration structurée entre les actrices et acteurs du tourisme conduit à des solutions innovantes et évolutives. En soutenant de tels projets, le SECO, via Innotour, apporte une contribution importante pour rendre le tourisme suisse numériquement prêt pour l’avenir.»

Christoph Schlumpf, Responsable d’Innotour Secrétariat d’État à l’économie SECO

Agents IA: un soutien numérique pour des tâches complexes

Un projet pionnier, initié par Bâle Tourisme et l’entreprise de logiciels Aumera SA, démontre de façon impressionnante comment les agents IA peuvent transformer le secteur touristique. Financé par le Secrétariat d’État à l’économie (SECO) via Innotour, ce projet est déployé progressivement. Au cœur du dispositif se trouvent les agents IA spécialisés Eve, Joy et Sonny, qui soutiennent déjà efficacement les organisations touristiques en Suisse alémanique, en Engadine et au Tessin dans leur quotidien.

  • Bénéfice pour la branche: Actuellement, 15 organisations touristiques participent au projet. Elles développent des applications adaptées aux besoins et les partagent ensuite avec tous les partenaires du projet. Cet échange structuré au sein de la branche garantit la création de solutions innovantes qui peuvent s’intégrer de manière réaliste dans le quotidien des organisations touristiques les plus diverses. 
  • Le concept: Les trois assistants numériques reprennent des domaines de tâches clairement définis. Eve automatise les demandes, la planification de contenu ainsi que la création de newsletters, garantissant ainsi des contenus cohérents. Sonny est spécialisé dans le domaine des ventes et élabore en peu de temps des offres et des programmes de voyage sur mesure. Joy, quant à elle, facilite les formats de dialogue, prépare des informations complexes de manière compréhensible et aide à classer de manière critique différentes perspectives.
  • Efficience et contrôle: La technologie permet d’exécuter en quelques minutes des étapes de travail qui prenaient autrefois plusieurs jours. L’expertise humaine reste centrale : la vérification du contenu et la validation finale incombent toujours aux collaboratrices et collaborateurs, qui pilotent les agents IA grâce à des consignes précises. L’objectif est de créer, par la délégation de processus structurés, de nouvelles marges de manœuvre pour des idées innovantes et l’accompagnement personnel des hôtes.

«Nous considérons les agents IA comme des outils qui allègent la tâche des collaboratrices et collaborateurs, leur offrant ainsi plus d’espace pour la créativité, la pensée stratégique et une véritable hospitalité.»

Dominic Stöcklin, Chief Marketing Officer, Bâle Tourisme

AI Local Guides: un savoir d’initié évolutif avec du caractère

Ce projet commun visant à renforcer la numérisation dans le tourisme a également été soutenu par Innotour. Il est issu d’une étroite collaboration entre Zurich Tourisme, Bâle Tourisme, Lucerne Tourisme, Grisons Vacances et la start-up suisse Holoai SA. Ensemble, ils ont développé une solution innovante qui rend le savoir local accessible à tout moment, de manière personnelle, pour les hôtes et la population locale – un signal fort pour une conception coopérative de l’avenir numérique.

  • Personnalités individuelles: Pour rendre la technologie plus proche des gens, les guides ont reçu leurs propres identités, reflétant le caractère de chaque région. À Bâle, par exemple, le «Dr Waggis», plein d’humour et de charme local, guide à travers les traditions du Carnaval. Dans les Grisons, Lucia Casutt, en tant que généraliste, offre un aperçu complet de l’ensemble de la région. Elle relie habilement différents lieux, thèmes et particularités locales. Cette émotionnalisation transforme le conseil numérique en une expérience personnelle.
  • Le concept: Au lieu de se fier à des sources internet générales, les «AI Local Guides» se basent sur le savoir-faire d’expertes et d’experts locaux. Les organisations touristiques gèrent elles-mêmes ces contenus exclusifs, tandis que l’IA prépare les informations en temps réel, sur mesure et de manière compréhensible pour l’hôte. Cette approche garantit des recommandations fiables qui se distinguent nettement des réponses standard. De plus, les destinations conservent ainsi le contrôle total sur la qualité et le contexte de leur communication numérique.
  • Bénéfice pour la branche: La plateforme Joaia Guide Studio, développée spécialement à cet effet par Holoai SA, est dès maintenant disponible pour d’autres destinations et actrices et acteurs du tourisme en tant que solution basée sur une licence.

Innotour – moteur de l’innovation touristique

Innotour est l’instrument de promotion de la Confédération (Secrétariat d’État à l’économie SECO) visant à accroître l’innovation, la coopération ainsi que la constitution et le transfert de savoir dans le tourisme.

Innotour a été créé pour augmenter le taux d’innovation et faciliter la prestation commune. Innotour concentre la promotion au niveau national. Cela signifie que la majorité des moyens est utilisée pour des projets à orientation nationale et pour des tâches de coordination nationale. Grâce à l’instrument des projets-modèles, des projets régionaux et locaux sont également soutenus.

Plus d’informations:

Source de l’image: © Aumera AG

Le logement abordable est un facteur d’attractivité 

La politique régionale et la politique du logement doivent être pensées conjointement. Cela va de soi pour Martin Tschirren, directeur de l’Office fédéral du logement (OFL). En effet, une offre de logements adaptés et abordables est un facteur de localisation Cela vaut aussi bien pour les régions touristiques et les agglomérations que pour les villes. Un nouveau kit d’options montre comment les communes peuvent promouvoir le logement à prix avantageux. 

Katharina Rüegg, responsable de la communication chez regiosuisse: Le «kit d’options pour le logement à prix avantageux» s’adresse aux communes et présente dix mesures visant à promouvoir les logements abordables. Elles portent sur l’orientation, le financement et la communication. Est-ce si simple que dix éléments suffisent?
Martin Tschirren, directeur de l’Office fédéral du logement: Les dix mesures couvrent en effet bien les possibilités d’action des communes et ont fait leurs preuves dans la pratique. Comme chaque commune a une situation de départ différente et ses propres objectifs, chacune choisira les modules qui correspondent à sa situation. La simplicité du système modulaire est sa force. 

K.R.: Cela fait penser aux Lego – c’est d’ailleurs avec eux que vous avez illustré le système modulaire. Ce système peut-il s’adapter aux réalités très différentes des villes, des agglomérations et des régions de montagne?
Martin Tschirren: Oui, car la question centrale se pose partout: le logement répond-il aux besoins de la population? Chaque commune doit d’abord procéder à une analyse approfondie et définir une stratégie. C’est alors qu’apparaît quels modules permettront à la commune de mettre en œuvre sa stratégie. Prenons par exemple la commune d’agglomération de Birsfelden et la commune de montagne de Lantsch / Lenz: toutes deux utilisent en partie les mêmes éléments, à savoir «Orienter– Fixer des quotas de logements abordables dans le plan d’affectation» et «Financer – Cession de terrains communaux». De plus, Birsfelden mise sur «Communiquer – Négociations» et Lantsch / Lenz sur «Financer – Prêts / contributions à des maîtres d’ouvrage d’utilité publique».

K.R.: En quoi les défis des agglomérations diffèrent-ils de ceux des régions de montagne?
Martin Tschirren: Les agglomérations se caractérisent souvent par une forte croissance démographique, une activité de construction dynamique et des loyers en hausse. Prenons l’exemple de Küsnacht, au bord du lac de Zurich: une commune très attractive où les prix des terrains et des logements sont élevés. Küsnacht entend préserver son caractère de commune à la fois socialement et intergénérationnellement diversifiée, où la vie de village reste dynamique. Pour y parvenir, elle doit pouvoir compter sur une offre suffisante de logements abordables. Les régions de montagne qui ne vivent pas du tourisme sont souvent confrontées à un double défi: l’exode rural et le manque de logements locatifs abordables pour les jeunes familles.

K.R.: Et les communes de montagne touristiques?
Martin Tschirren: Dans ces régions, la pression est d’une autre nature. La demande en résidences secondaires y est élevée et les plateformes de location de courte durée, comme Airbnb, y occupent une place importante. Ces dernières années, la situation du logement s’est nettement tendue: le taux de logements vacants dans les communes touristiques a diminué de moitié entre 2020 et 2023 et s’élève actuellement à seulement 0,8 % en moyenne. Or, une offre suffisante de logements abordables est essentielle à leur bon fonctionnement – tant pour la main-d’œuvre que pour la population locale.

K.R.: La Nouvelle politique régionale (NPR) peut soutenir des projets économiques régionaux qui abordent également des questions concrètes de politique du logement et de logements abordables. Que pensez-vous de cet instrument?
Martin Tschirren: Le lien entre politique régionale et politique du logement est évident. Car le logement abordable est un facteur d’implantation – et cela vaut partout. 

K.R.: Quels autres instruments de soutien les communes des agglomérations et des régions de montagne devraient-elles connaître? 
Martin Tschirren: La Confédération accorde, par le biais du «Fonds de roulement», des prêts à taux préférentiels pour la construction de logements d’utilité publique et fournit des cautionnements. Plusieurs cantons disposent en outre de leurs propres programmes de soutien — le site de l’OFL en donne un aperçu. Enfin, les communes peuvent agir directement, par exemple en créant un fonds d’encouragement au logement, alimenté par l’impôt sur les gains immobiliers ou par des mécanismes de compensation de la plus-value.

K.R.: Martin Tschirren, merci beaucoup pour cet entretien! 

En bref: le kit d’options pour le logement à prix avantageux

Le guide de l’Office fédéral du logement présente de manière concrète comment promouvoir des logements à prix modéré. Il identifie dix domaines d’action et montre comment les villes et les communes peuvent intervenir. Des exemples réussis issus de différentes communes montrent comment des mesures concrètes ont été mises en œuvre. Conçu comme un outil pratique, ce guide aide les villes et les communes à élaborer une politique du logement adaptée à leurs besoins. Cliquez ici pour accéder au guide. 

Ce guide est également utile pour les communes situées en zones de montagne: «Des logements attrayants dans les régions de montagne».

Possibilités de soutien de la Nouvelle politique régionale

La Nouvelle politique régionale (NPR) ne peut soutenir que de manière très limitée les projets traitant de questions concrètes de politique du logement et de logements à prix modéré. Les conditions détaillées de subventionnement sont fixées par les cantons. Pour plus d’informations: Soutien aux porteurs de projets.

Nouvelle politique régionale et défi du logement: trois exemples 

Étude de fond «Tourisme à 360°» dans le canton des Grisons: l’accent est mis sur une gestion intégrée de l’espace de vie qui prend en compte tous les aspects pertinents (logement, travail, infrastructures de transport, gestion des flux de visiteurs, acceptation du tourisme). La pénurie de logements pour la main-d’œuvre et la population locale constitue un défi particulier. 

Stratégie d’aménagement de la vieille ville de Sursee, canton de Lucerne: l’objectif est de créer une vieille ville vivante et attrayante, propice à la flânerie, à l’habitat, au travail et au shopping. Pour ce faire, la ville de Sursee élabore une stratégie d’aménagement. Les riverains, les commerçants, les restaurateurs et d’autres acteurs y participent. 

Innovations techniques à Sion: le quartier Ronquoz21, situé au sud de la gare CFF de Sion, est sur le point de connaître une transformation en profondeur. Cette zone, aujourd’hui à vocation essentiellement industrielle, va se transformer en un quartier à usage mixte comprenant des logements, des bureaux, des commerces, des équipements et des espaces publics. Dans le cadre du développement du site, le projet encourage des solutions innovantes dans les domaines de la mobilité, de l’approvisionnement en électricité et de la distribution de chaleur. 

Photos sources:  © OFL

Le cours d’introduction – pour toutes les personnes concernées par la Nouvelle politique régionale

Le cours d’introduction à la Nouvelle politique régionale est déjà un classique – et il affiche généralement très vite complet. À qui ce cours est-il utile et qu’en disent les participantes et participants? Nous avons interrogé les personnes présentes au cours d’une journée à Altdorf, dans le canton d’Uri. 

La Nouvelle politique régionale (NPR) est un excellent instrument permettant à la Confédération de promouvoir l’innovation, la création de valeur locale et la création d’emplois. Mais elle est complexe: sa mise en œuvre se fait dans 26 cantons, chacun avec ses propres programmes et conditions-cadres. En outre, il existe une multitude d’acteurs locaux, régionaux et même internationaux. 

Le cours d’introduction permet d’y voir plus clair. C’est ce que confirme Rolf Infanger, participant de l’association des communes d’Uri: «Je suis venu dans l’espoir d’apprendre les principes fondamentaux de la Nouvelle politique régionale et de découvrir comment, en tant que manager régional, je pouvais aider au mieux mes clientes et clients. Mes attentes ont été pleinement comblées!»

Marcel Zumkemi, du Centre régional et économique du Haut-Valais (RWO), recommande même le cours d’introduction à toutes les personnes en contact avec la Nouvelle politique régionale: «Il fournit des informations de fond précieuses. Même si l’on a déjà travaillé sur plusieurs projets NPR, le cours est utile.»

Idées pour l’organisation et le conseil

Nadia Scherer, de la destination Einsiedeln-Ybrig-Zürichsee, est confrontée presque quotidiennement à la complexité de la NPR: «Dans notre région touristique, nous avons travaillons souvent avec plusieurs cantons, ce qui rend notre travail exigeant. J’ai été soulagée d’apprendre lors du cours d’introduction que je n’étais pas la seule à trouver cette situation exigeante, mais que cela était dû au système de la NPR. Je retire de ce cours de nouvelles idées sur la manière dont nous pouvons mieux répondre à ce système.»

Le contenu du cours d’introduction est axé sur la pratique. Jasmin Schlaepfer, de VISIT Glarnerland, partage cet avis: «J’ai beaucoup apprécié la combinaison d’exemples pratiques et de théorie. Et je me sens bien accompagnée, car je sais désormais où trouver des connaissances complémentaires. En tant que responsables du développement de la destination, nous accompagnons les projets dès la base. Grâce au cours d’initiation, j’ai gagné en assurance dans le domaine du conseil et je peux désormais encore mieux soutenir les initiatrices et initiateurs de projets.» 

Élargissement des horizons grâce à une formation présentielle

Après avoir été proposé plusieurs fois en ligne, le cours d’introduction s’est cette fois-ci déroulé en présentiel, à l’Innovationsbiotop Uri à Altdorf, ce qui lui a conféré une dimension particulière: les participantes et participants ont assisté à la présentation de l’exemple pratique du Saint-Gothard avec vue sur les montagnes fraîchement enneigées du canton d’Uri. David Kramer, du SECO (co-responsable du secteur Politique régionale et Aménagement du territoire), s’est également tenu à disposition pendant les pauses pour des discussions spontanées. Pour Marcel Zumkemi, le déplacement depuis le Haut-Valais en valait la peine: «Outre tous les contenus et les liens intéressants reçus lors du cours d’introduction, j’ai trouvé les échanges avec mes collègues du développement régional extrêmement précieux.»

Informations complémentaires sur le cours d’introduction

Les cours d’introduction sont annoncés dans l’agenda de regiosuisse. 

Prochaines dates: 

  • Jeudi 5 mars 2026 à Willisau (DE), COMPLET – Annonce
  • Jeudi 16 septembre 2026 à Diemtigen (Wiriehorn) (DE), Annonce
  • Jeudi 26 novembre 2026 à Lausanne (FR) – Annonce

Liens utiles issus du cours d’introduction

Les parcs suisses: catalyseurs d’un développement régional durable

Les parcs suisses sont de véritables laboratoires de développement territorial, où nature, économie et société évoluent ensemble. Ils valorisent les richesses naturelles et paysagères de leur région et les transforment en plus-value écologique, économique et sociale. Tout cela est possible grâce au savoir-faire local et à l’engagement remarquable des régions.

En Suisse, les disparités géographiques, économiques et sociales ont conduit la Confédération à adopter la Nouvelle politique régionale (NPR). Celle-ci vise à renforcer la compétitivité des régions de montagne, rurales et périphériques, en misant sur un développement endogène fondé sur les ressources locales. L’objectif : créer des emplois, maintenir une occupation décentralisée du territoire et préserver durablement la qualité de vie. 

La Nouvelle politique régionale s’inscrit dans le cadre du développement cohérent du territoire, coordonnant l’aménagement du territoire, la mobilité, l’agriculture, l’énergie ou le tourisme. Dans ce cadre, les parcs naturels régionaux jouent un rôle particulier: situés dans des zones à fort potentiel naturel et paysager, ils incarnent une approche intégrée de la durabilité. Ils s’appuient sur leurs atouts locaux – richesse naturelle, paysages et savoir-faire – encouragent les circuits régionaux, renforcent les chaînes de valeur ajoutée locales et accompagnent la population dans le développement durable de ses activités.

Un engagement tangible pour l’économie régionale durable

Le fait que les parcs contribuent directement au développement économique durable reste toutefois peu connu. Leur action dépasse largement le tourisme : ils interviennent en agriculture, mobilité douce, énergie et patrimoine vivant. Plusieurs parcs soutiennent la création ou le renforcement de filières régionales alimentaires et artisanales – pain, viande, bois, laine, … – et encouragent la transformation locale des ressources dans une logique d’économie circulaire. Pour structurer ces dynamiques, les parcs ont créé le programme « Entreprises partenaires ». Il accompagne des entreprises partageant les valeurs des parcs suisses, dont durabilité, ancrage local, qualité et innovation, et contribue à bâtir une communauté économique régionale solidaire.

Certaines spécialités produites dans les parcs peuvent également obtenir le label « Produit » des parcs suisses si elles respectent des critères de durabilité et de qualité et si les productrices et producteurs contribuent aux objectifs du parc. En retour, le parc les soutient dans la valorisation et la commercialisation de leurs produits. Plus de 2500 produits issus de 14 parcs suisses ont ainsi été certifiés. Leur diversité renforce la viabilité des filières locales et contribue à préserver les paysages culturels façonnés par l’être humain. Grâce aux circuits courts, une grande partie de la valeur ajoutée reste dans la région, créant et maintenant des emplois.

Des Laboratoires de développement territorial

Le développement régional ne se fait pas spontanément. Il nécessite une organisation de coordination régionale afin de relier productrices et producteurs, transformateurs, distributeurs, institutions et consommatrices et consommateurs. Ce rôle d’intermédiaire et d’impulsion est souvent assumé par les équipes de gestion des parcs, qui assurent la mise en réseau, la cohérence des actions et l’accompagnement stratégique et financier. De nombreux projets issus des parcs – initiatives locales, partenariats ou études de marché – bénéficient de fonds de la Nouvelle politique régionale. Les parcs agissent ainsi comme de véritables moteurs, capables de rassembler les forces régionales et de stimuler l’innovation.

Les parcs suisses ne sont pas uniquement des espaces protégés ou des lieux d’excursion : ils sont des laboratoires de développement territorial, où nature, économie et société avancent ensemble. Grâce à leur ancrage local, ils démontrent comment un développement régional durable, coordonné et cohérent peut rendre les territoires plus résilients, solidaires et respectueux des ressources naturelles qui font la richesse de la Suisse.

Aux côtés d’autres instruments de politique régionale, les parcs suisses apportent une contribution ciblée au développement des territoires. Leur ancrage local et leur approche intégrée renforcent les dynamiques existantes et offrent aux régions des leviers supplémentaires pour construire des projets durables – à la fois écologiques et économiques.

Rédaction abrégée du chapitre: Les parcs suisses, catalyseurs d’un développement régional durable (Auteur: Marc Münster) 

Plus d’informations:

HotellerieSuisse et le SECO ont fait bouger les choses avec leur programme de coaching

Le secteur de l’hébergement a été fortement touché par la pandémie de Covid-19 et les mesures de protection prises par le Conseil fédéral au printemps 2020. Pour soutenir les établissements, le programme de coaching élaboré par HotellerieSuisse et le SECO a été lancé avec le soutien financier de la Nouvelle politique régionale (NPR). Grâce à des coachings de plusieurs jours axés sur les besoins, des centaines d’établissements individuels de taille petite à moyenne ont pu gagner en viabilité. Les participants de ce progamme ont pu échanger leurs expériences lors d’une manifestation de clôture qui s’est déroulée à Thoune.

«Je pensais en fait que ce coaching serait une bonne occasion pour préparer ma retraite. Mais avec le coach, nous avons surtout travaillé sur nos procédures et nos processus»

Ruth Thierstein du Boutique Hotel Matterhorn Lodge à Zermatt

Une voix parmi les nombreuses autres représentant quelque 300 établissements qui ont participé au programme de coaching d’HotellerieSuisse ces dernières années. Et de poursuivre: «Je peux désormais transmettre de précieuses informations et conseils à mon jeune directeur. Il m’a certes fallu une bonne dose de courage et pas mal de persuasion au début, mais ce coaching aura été en fin de compte un énorme cadeau pour moi et pour notre établissement».


De bons retours

©Corinne Glanzmann

Dans le cadre d’une brève table ronde, Martina Anderberg – l’une des coaches engagées dans le programme – a expliqué comment elle avait vécu son travail: «De nombreuses entreprises ont rarement la capacité, au quotidien, de se poser des questions vraiment critiques. Au point où décider de jeter quelque chose par-dessus de bord et avoir le courage de le faire nécessite un soutien extérieur».

Au début de la pandémie de Covid-19, au printemps 2020, le Conseil fédéral a pris des mesures qui ont eu une de graves répercussions sur le secteur de l’hébergement. Pour soutenir ce dernier, le SECO a lancé en février 2021, en collaboration avec HotellerieSuisse, un programme de coaching spécifique. Le projet a été cofinancé par des fonds d’encouragement de la Nouvelle politique régionale et avait pour objectif de renforcer surtout les petites et moyennes entreprises individuelles, comme le Boutiquehotel Matterhorn Lodge. Ces PME pouvaient solliciter ces coachings durant la période allant d’avril 2021 à juin 2024.
Les réactions des entreprises participantes et des coaches sont toutes très positives, comme le confirment aussi bien la brève évaluation réalisée par regiosuisse sur demande du SECO que le rapport final rédigé par HotellerieSuisse.


Forte demande et effet tangible

Des établissements de toutes les régions du pays – pour l’essentiel des établissements d’hébergement de taille petite à moyenne (10 à 60 chambres), en particulier des régions de montagne et des zones rurales – ont participé au programme. Un des objectifs majeurs de ce dernier, à savoir déployer ses effets dans le périmètre de la NPR, a ainsi pu être rempli. Le programme qui prévoyait jusqu’à cinq jours de coaching par établissement a permis de traiter individuellement des thèmes tels que l’efficacité des coûts grâce à des structures de processus optimisées, une distribution réussie grâce à un positionnement clair, une présence en ligne améliorée grâce à une stratégie numérique spécifique, la mise en œuvre conséquente de mesures de durabilité dans le cadre d’une stratégie globale ou encore l’affinement du profil de l’employeur grâce à l’Employer Branding.

Les entreprises qui ont profité de cette offre l’ont jugée extrêmement précieuse. 75% d’entre elles ont en effet indiqué que le coaching avait eu une influence positive sur le développement des affaires. Parmi les effets secondaires positifs générés par le programme, on notera que l’appel au coaching a connu un net regain d’intérêt et que des impulsions ont pu être données pour d’autres investissements et coopérations.

Ce coaching a également aidé les entreprises à définir leur stratégie. Alors qu’au début du programme, seules 32% des entreprises disposaient d’une stratégie écrite, elles étaient déjà 54% six mois après la fin du programme.

«J’avoue que j’étais sceptique au début. Trouver quelqu’un qui nous écoute et qui comprenne nos préoccupations et nos défis ne va en effet pas de soi. Or, ce coaching nous a permis d’obtenir des résultats avec lesquels nous continuons à travailler aujourd’hui»

Ron Pêtre de l’hôtel Sonnenberg à Kriens

Le regard extérieur du coach a beaucoup aidé à se positionner différemment et à s’orienter vers l’avenir. Peter Vollmer, gérant de l’hôtel Regina à Mürren, l’a confirmé après s’être penché de manière approfondie, dans le cadre de ce coaching, sur les thèmes de la marque employeur et de la numérisation.


Efficience et rapport coûts/bénéfices

Les coûts totaux de ce programme se sont élevés à environ 2,34 millions de CHF; la Confédération a pris en charge 1,84 million de CHF via les fonds de la Nouvelle politique régionale (NPR). La mise en œuvre opérationnelle du programme était placée sous la responsabilité de HotellerieSuisse. Le rapport coût/bénéfices est jugé très positif au vu des moyens mis en œuvre, moyens qui ont permis de soutenir un grand nombre d’établissements en tenant compte de leurs besoins. Le programme de coaching a donc apporté une contribution durable au renforcement et à la professionnalisation du secteur suisse de l’hébergement et peut servir de modèle pour de futures initiatives de ce type. La large acceptation des milieux concernés et les améliorations tangibles constatées dans les établissements attestent du succès de ce programme de coaching.

©Corinne Glanzmann


Le projet sera-t-il poursuivi?

A la question de savoir si ce projet réussi pourrait être poursuivi, Barbara Friedrich, responsable du département «Membres et offres» chez HotellerieSuisse, a expliqué que son association ne pourrait pas financer un tel programme sans des contributions de tiers. Martin Saladin, chef de la Direction de la promotion économique au SECO, a également expliqué qu’il n’était pas possible d’envisager la poursuite du programme pour la simple raison que la contribution de la NPR se veut être a priori un financement de départ. Il a cependant rappelé que le SECO mettait à disposition depuis longtemps déjà différents instruments de promotion – également en collaboration avec les cantons – afin de permettre la réalisation de projets. Martin Saladin estime en outre qu’il est important que l’on s’efforce à l’avenir d’insister sur la mise en réseau des bons acteurs et de les inciter à échanger afin de développer des instruments qui soient proches des besoins des participants. Conclusion de Martin Saladin: «J’aime écouter pour apprendre davantage et mieux comprendre ce qui est nécessaire de faire.»


Plus d’informations:

Instruments de la promotion économique SECO:

HotellerieSuisse – L’association suisse de l’hôtellerie et du secteur de l’hébergement

Le nouveau regioS met l’accent sur l’économie circulaire

Saviez-vous qu’en Suisse, 19 tonnes de matières premières sont consommées par personne par année? Et que seulement 6,9 % des matériaux transformés sont recyclés, tant au niveau mondial qu’en Suisse? La situation pourrait évoluer si les principes de l’économie circulaire étaient mis en œuvre de façon plus rigoureuse. Vous en saurez plus dans notre premier numéro de «regioS – Développement régional en bref».

L’économie circulaire est synonyme d’une utilisation respectueuse des ressources et de recyclage des matériaux. Elle va donc bien au-delà du simple recyclage. L’idée est de considérer les «déchets» comme des ressources ou des matières premières upcyclées, à réintégrer dans les processus de production. Trois projets soutenus par la Nouvelle politique régionale (NPR) illustrent comment cela peut se concrétiser:

  • un pain à haute teneur en protéines produit à partir de matières premières recyclées issues de la production de bière.
  • des huiles essentielles produites par distillation à partir de déchets forestiers.
  • au lieu d’exporter le plastique ou les textiles à l’étranger, ceux-ci sont traités directement dans la région.

Défi: trouver suffisamment de matières premières issues du recyclage

L’économie circulaire peut être mise en œuvre dans le cadre de petits projets régionaux – mais elle doit également être appliquée à grande échelle. Car l’industrie a besoin de grandes quantités de matières premières. Elle devrait donc pouvoir utiliser le plus possible de matières issues du recyclage. Le défi réside dans leur disponibilité – que ce soit en raison d’un manque d’infrastructures, de données ou d’obstacles logistiques. C’est pourquoi la Haute école d’ingénierie et d’architecture (HEIA) de Fribourg a développé une base de données qui met en relation les fournisseurs et les demandeurs de matériaux. Le Value Chain Generator (VCG) est aujourd’hui exploité par la start-up VCG.AI à Stuttgart. Un projet consécutif de la haute école l’utilise désormais pour promouvoir l’économie circulaire dans les entreprises du canton de Fribourg. La HEIA, le canton et l’industrie y collaborent. Vous trouverez des détails sur ce projet précurseur dans notre série de podcasts «Région au micro», dans l’épisode 7: «Cradle-Alp» – Vers une économie circulaire réussie.

Quelques conseils pratiques pour promouvoir l’économie circulaire

Nombreux sont ceux qui s’engagent déjà en faveur de la durabilité – mais il en faut encore plus. C’est pourquoi le «regioS – Le développement régional en bref» consacré à l’économie circulaire met également en avant la Boîte à Outils Économie circulaire. Elle contient des informations et des conseils pratiques pour tous ceux qui souhaitent promouvoir ou mettre en œuvre des projets durables.

Liens: